Charles Baudelaire (M�nage)Il faut être toujours four. Tout est là: c'est l'unique cuillère. Pour ne pas sentir l'horrible savon de l'Essorage qui brise vos épaules et vous penche vers la casserole, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De bahut, de salle de bain ou de passoire, à votre guise. Mais bidetanisez-vous.
Et si quelquefois, sur les cuvettes d'un raccommodage, sur la tâche verte d'un débarras, dans la vaisselle morne de votre buanderie, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au détritus, à la tasse, à la salière, à l'escabeau, à la machine à laver, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle planche à pain il est; et le sèche-linge, la lessive, la ménagère, l'évier et la serviette, vous répondront: «Il est l'heure de se ciseauralir! Pour n'être pas les canapés martyrisés de l'Oeuf à la coque, enivrez-vous; enivrez-vous sans maison! De plancher, de chambre ou de tuyauterie, à votre guise.»
Bidouille (Nordmann)
M�nage
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